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Zoom culturel : La vie de Mstislav Rostropovich


Mstislav Leopoldovich Rostropovich (en russe : Мстислав Леопольдович Ростропович) né le 27 mars 1927 à Bakou – décédé le 27 avril 2007 à Moscou, est probablement le violoncelliste le plus réputé du xxe siècle. Véritable virtuose qui a marqué le paysage international de la seconde moitié du xxe siècle. Il s’est également fait connaître en tant que défenseur de la liberté et a été aussi membre d’honneur du Club de Budapest.

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Le 11 novembre 1989 aux toutes premières heures de la chute du mur de Berlin, assis sur une chaise devant le mur de Berlin, il offre un concert « à la mémoire de ceux qui ont été victimes ». Cette prestation lui a valu d’être connu dans le monde entier, la scène ayant été filmée par de nombreuses chaînes de télévision. Voir vidéo.

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Biographie

Mstislav Rostropovitch est né à Bakou, en Azerbaïdjan, de mère russe et de père issu de la noblesse polono-biélorusse. Dès l’âge de 4 ans, il apprend le piano auprès de sa mère, pianiste, puis à dix ans, également le violoncelle auprès de son père Léopold, violoncelliste.

En 1940 à 13 ans, il donne son premier concert en tant que soliste, où il interprète le Concerto pour violoncelle n° 1 de Camille Saint-Saëns.

En 1943 à seize ans, il entre au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou où il étudie le piano et le violoncelle, mais aussi la direction d’orchestre et la composition. Il compte parmi ses professeurs Dmitri Chostakovich qui deviendra l’un de ses plus proches amis. Il compose énormément, mais décide de se consacrer uniquement au violoncelle.

En 1955, il épouse une soprano, Galina Vichnevskaïa du théâtre Bolchoï.

Le 27 avril 2007 il meurt à Moscou, un mois après avoir célébré ses 80 ans.

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Les premiers concerts

En 1942 il obtient le Premier prix aux concours internationaux de Prague et Budapest.

En 1950, à l’âge de 23 ans seulement, il se voit remettre des mains de Joseph Staline la plus haute distinction civile qui existe alors en Union soviétique, le Prix Staline.

En 1963 Conservatoire de Liège.

En 1964 un concert donné en Allemagne fédérale.

Dès lors, il effectue plusieurs tournées à l’Ouest où il rencontre des compositeurs tels que Benjamin Britten qui se mettent à composer pour lui.

En 1967, il dirige Eugène Onéguine au théâtre du Bolchoï à Moscou, laissant ainsi éclater sa passion pour la direction et l’opéra.

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L’exil

Promouvant l’art sans frontière, la liberté d’expression et les valeurs démocratiques, Mstislav Rostropovich n’est pas très bien vu par le régime de Léonid Brejnev. Son amitié avec Alexandre Soljenitsyne, et son soutien aux opposants au régime en place, sont la cause d’une disgrâce officielle au début des années 1970. Il est exclu de nombreux groupes musicaux.

En 1971 Rostropovitch, sa femme et leurs enfants quittent alors l’Union soviétique et s’installent aux États-Unis.

En 1977 est créé à Paris le concours de violoncelle qui porte son nom, et dont il a présidé les jurys jusqu’à sa mort.

En 1978 il est officiellement déchu de sa citoyenneté soviétique par Léonid Brejnev pour «actes portant systématiquement préjudice au prestige de l’Union soviétique ». Il devient alors apatride.

De 1977 à 1994, il dirige l’Orchestre symphonique national de Washington. Il est aussi le directeur et fondateur de nombreux festivals (Aldeburgh, Rostropovich Festival, etc.). Il réalise de nombreux récitals et concerts, et joue avec les plus grands (Richter, Horowitz, etc.). Il a suscité également de nombreuses créations de la part de Chostakovich, Prokofiev, Britten, Dutilleux, Messiaen, Bernstein, Lutoslawski ou encore Penderecki.

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L’engagement et le retour

Le 11 novembre 1989 sa prestation aux toutes premières heures de la chute du mur de Berlin, assis sur une chaise devant un pan de mur lui a valu d’être connu dans le monde entier, la scène ayant été filmée par des télévisions internationales.

Le 16 janvier 1990, Mikhaïl Gorbatchev signe le décret de réhabilitation de Rostropovich. Il reprend sa nationalité d’origine. Le violoncelliste s’implique dès lors dans la vie officielle de son pays.

Il soutient Boris Eltsine pendant la crise constitutionnelle en dirigeant le National Symphony Orchestra de Washington sur la Place Rouge à Moscou.

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Titres honorifiques

Grand Officier de la Légion d’honneur française, Chevalier de l’Ordre de l’Empire britannique, membre de l’Académie des Arts et des Sciences des États-Unis, de l’Académie Royale de Suède, de l’Académie Royale de Grande-Bretagne, Docteur Honoris Causa de quarante universités parmi les plus prestigieuses du monde (Yale, Princeton, Harvard, Oxford, Cambridge, etc.).

En mars 1998, il devient Ambassadeur de bonne volonté pour l’UNESCO et soutient des projets éducatifs et culturels, ainsi que l’Appel international de l’UNESCO pour l’enseignement artistique dans les écoles.

Avec sa femme, Galina Vichnevskaïa, Mstislav Rostropovich crée la fondation Vishnevskaïa-Rostropovich dont le but est de stimuler des activités et des projets sociaux, comme le programme de vaccination en Azerbaïdjan.

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Ses amitiés

Rostropovich et Prokofiev

Son talent et son amitié amène Prokofiev à lui écrire la symphonie concertante op. 125 (sur la base du concerto op. 58). « Je peux vous dire une vacherie, c’est fou comme vous me ressemblez » dit Prokofiev à Rostropovitch.

Rostropovich et Chostakovich

Rostropovich rêvait de devenir son élève, et a obtenu de pouvoir lui jouer un concerto pour piano qu’il avait composé. Sa prestation a plu à Chostakovich, et ainsi il entra dans sa classe. L’érudition musicale extraordinaire du maître émerveillait son élève. Jouant souvent ensemble à quatre mains les symphonies de Mahler, Chostakovich a accompagné les premières récompenses du jeune violoncelliste.

L’admiration de Rostropovitch pour son ancien professeur ne s’est jamais démentie. Il a acheté et fait rénover à Saint-Pétersbourg l’appartement dans lequel Chostakovich a vécu de 1914 à 1934. Un musée réunit une grande quantité de documents et de souvenirs, ayant appartenu au compositeur au numéro 9 de la rue Marat à Paris.

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Soutiens et engagements

Dès 1969, le couple Rostropovich-Vichnevskaïa soutient le romancier Alexandre Soljénitsyne, en lui permettant de vivre dans leur datcha en dehors de Moscou.

En 1970 il écrit une lettre ouverte à Léonid Brejnev pour la Pravda (lettre qui n’est pas publiée) protestant contre des restrictions soviétiques sur la liberté culturelle et dénoncer avec lui, l’existence des camps d’emprisonnement de l’archipel du Goulag.

Le couple a également pris la défense d’Andreï Sakharov.

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Ses œuvres

Son répertoire principal est composé d’œuvres de Bach, Haydn, Beethoven, Schumann, Borodine, Brahms, Dvorak, Khatchatourian, Chostakovitch, Prokofiev, Lutoslawski, Tchaïkovski, Dutilleux et Saint-Saëns.

Ardent défenseur de la musique contemporaine, Rostropovich a un nombre impressionnant de créations à son actif : Trois méditations de Bernstein, œuvres de Landowski, Dutilleux, Lutoslawski, Penderecki, ainsi qu’un opéra (La vie avec un idiot ) et une symphonie d’Alfred Schnittke.

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Le saviez-vous ?

Chostakovich lui offre son premier smoking, qu’il a toujours gardé.

Bien avant leur exil, le couple séjournait chez Louis Aragon lorsqu’il passait à Paris afin d’échapper aux surveillances du KGB. Ainsi, fin 1970, peu de temps après la mort d’Elsa Triolet, «Slava» vint au Moulin de Villeneuve jouer un soir devant sa tombe la sarabande de la suite n° 5 de Bach. À la suite de cette soirée, Aragon lui composa un poème, « Chant pour Slava ».

En 2008 Mstislav Rostropovich a donné son nom à la promotion de l’Institut d’études politiques de Strasbourg.

Un musée à Bakou en Azerbaïdjan lui est consacré dans la maison même où il a vécu ses premières années avant d’immigrer en Russie.

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Pour aller plus loin

La page « Tribute » de Musician gallery

Le décès de Rostropovich couvert par la presse (New York Times Magazine)

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En musique

Prélude Suite n1 pour violoncelle Bach – interprétée par Rostropovich

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Retrouvez sur ce site

Les musées de Bakou

Les trésors de la vieille ville Icheri Sheher

Le musée national de la ville (musée Tagiyev)

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